Economie & emploi

4 propositions pour réformer le système de pensions au Luxembourg

La fondation IDEA a publié, ce jeudi 3 avril 2025, un rapport contenant quatre propositions de réforme pour assurer la pérennité du système de pensions luxembourgeois. Ce laboratoire d’idées s’inquiète depuis plusieurs mois de l’équilibre du système de pensions, menacé à moyen terme, et anticipe une baisse « considérable » des retraites si rien n’est fait. Après le diagnostic, le temps des propositions est venu.

Evolution des réserves (+) ou de l’endettement (-) du régime général de pension (ratios par rapport aux prestations annuelles)

Le scénario « Écureuil »

La réforme dite « Écureuil » met l’accent sur la restauration de l’équilibre financier à moyen terme du régime général de pension, en misant sur le préfinancement. Entre 2027 et 2030, l’État mettrait de côté l’équivalent de 10 % des prestations annuelles pour consister une d’épargne collective.

Ce scénario implique directement les pensionnés actuels, via un ciblage social du lien entre les pensions et les salaires réels, appliqué de façon inconditionnelle dès 2027. La progression réelle des pensions serait ralentie (elles resteraient indexées sur l’inflation, mais non plus sur les salaires réels) ce qui pourrait affecter le pouvoir d’achat des retraités, en particulier les plus aisés. L’Allocation de Fin d’Année deviendrait aussi moins généreuse pour les pensions élevées.

La diminution progressive de la part des pensions proportionnelle aux revenus cotisables, et l’augmentation de la composante « fixe » des pensions seraient accentuées. La réforme prévoit également que l’État prenne en charge les frais administratifs de la CNAP, et qu’une hausse de la cotisation dépendance finance une augmentation des transferts vers le régime général.

Une réforme « sociale » pour protéger les faibles pensions

La réforme « sociale » vise à développer la solidarité entre les retraités. Son ambition est de revaloriser les petites pensions, en augmentant la pension minimum de 10 %. Pour financer cette hausse, la base contributive serait partiellement déplafonnée. La partie des revenus excédant le plafond actuel (13 189 €) serait soumise à une cotisation à taux réduit (trois fois 3 % contre trois fois 8 % auparavant), donnant droit à des droits de pension futurs, calculés selon un taux indexé uniquement sur l’inflation.

Bien que les économies réalisées soient moindres que dans la réforme « Écureuil », le scénario social aboutit à une situation nettement meilleure pour les pensionnés à revenu modeste, d’où sa qualification de réforme « sociale ».

Faut-il simplement travailler plus longtemps ?

Le concept de la proposition « Age » est simple : si on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps. . Le projet est d’indexer les âges de départ à la retraite (57, 60 et 65 ans) et la durée de carrière requise (40 ans) à l’évolution de l’espérance de vie.

Cela représenterait un allongement de 2 ans de l’âge effectif de la retraite d’ici 2050, et de 4 ans d’ici 2070. Un coefficient de longévité serait intégré dans la formule de calcul des pensions, réduisant mécaniquement leur progression.

L’un des objectifs est de réduire la durée moyenne de la retraite d’environ 10 %, allégeant la charge financière sur le système. Un bonus serait accordé à ceux qui choisissent de différer leur retraite et des incitatives seraient données pour continuer à travailler en temps partiel tout en commençant à percevoir une partie de sa pension.

Un pilotage automatique proposé

L’idée du « Pilotage » est d’adapter automatiquement les pensions en fonction de l’évolution de la situation financière et démographique. Elle introduit un facteur de durabilité, intégré à la formule de calcul des pensions dès 2027 (initialement fixé à 1), qui évoluerait selon la situation financière du régime.

Si les dépenses excèdent les recettes, le facteur serait ajusté à la baisse, modérant la progression des pensions ou augmentant les cotisations. À l’inverse, en cas d’excédent, les pensions pourraient être revalorisées, ou les excédents mis en réserve.

Pour limiter les effets potentiellement volatils de ce mécanisme sur les retraités, le facteur de durabilité influencerait à la fois le niveau des prestations et le taux de cotisation. Des réunions tripartites seraient prévues pour afin de proposer des mesures « correctrices » en cas de variation brutale du facteur de soutenabilité, ou de forte dérive cumulée sur une période donnée.

« Les 4 pistes présentées ne sont pas mutuellement exclusives : leurs « briques » constitutives pourraient au contraire être recombinées de manière flexible, en respectant cependant la durabilité financière et les autres principes fondamentaux détaillés dans le document de travail », précise la fondation IDEA.

Le document complet est à consulter sur le site de IDEA en cliquant ici.

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